Comment fonctionne la manipulation

trh_manipulation_artwork1_wide-b3b9648e2f6fb9a829cc1d800adf7dada2e5f57e.jpgLa manipulation est assez courante. 97% d’entre-nous l’utilisent ponctuellement pour obtenir ce dont ils ont besoin ou envie, de façon plus ou moins consciente. Il n’y a rien d’inquiétant à cela. C’est un peu comme le mensonge. Qui n’a jamais menti? En revanche, pour les 3% restants, la manipulation est une stratégie systématique, un acte délibéré, qui procure au manipulateur une sensation de pouvoir, d’emprise, qui rassure son narcissisme défaillant. Là, on bascule dans la pathologie.

Le manipulateur va amener, de façon subtile, une personne à faire quelque chose qu’elle n’a pas l’intention de faire, sans qu’elle s’en rende compte. La poussant parfois, à aller à l’encontre de ses propres besoins, de ses propres aspirations, de ses valeurs, de ses convictions profondes… Cela peut parfois aller très loin.

Le manipulateur, pour arriver à se fins, provoque chez sa victime  des émotions désagréables : peur, culpabilité, dévalorisation, tristesse… Sous l’effet de ces sensations, la victime va se sentir obligée de répondre positivement à la demande, souvent à contre-cœur, mais sans pouvoir faire autrement. La prise de conscience de la manipulation vient souvent lorsqu’on commence à s’interroger sur ces émotions. Mais la plupart du temps, la victime de manipulateur n’a pas conscience de cette mécanique.

Il faut être deux pour que la manipulation fonctionne : le manipulateur et le manipulé. Si la personne manipulée prend conscience des manipulations et décide de s’en affranchir, elle peut déjouer les pièges du manipulateur et cesser d’être une victime. C’est extrêmement compliqué, mais pas insurmontable! (voir l’article suivant).

Comment fonctionne la manipulation ?

Le manipulateur a la capacité innée de « scanner » les personnalités en un éclair. Il est capable de détecter les failles psychologiques d’une personne en un temps record. Le principe est donc simple : le manipulateur va s’engouffrer subtilement dans cette faille, touchant la corde sensible de sa victime, provoquant ainsi une douleur intérieure chez elle.

Soit le manipulateur provoque un sentiment désagréable suggérant des conséquences déplaisantes : culpabilité, pitié, peur, tristesse… Soit au contraire, il va flatter sa victime et lui montrer l’immensité de son affection afin qu’elle ne puisse rien lui refuser de peur de le décevoir et de ne plus être apprécié par lui!

Susan Forward distingue quatre types de « manipulateur » :
le bourreau qui menace de vous punir : « Si tu me quittes, tu ne verras plus les enfants ».
le flagellant qui retourne la menace contre lui-même : « Si tu me quittes, je me suicide ».
le martyr ou l’éternelle victime qui brandit sa souffrance : « Comment peux-tu faire cela à ta pauvre mère ? Avec tout ce que je fais pour toi! »
le marchand de faux espoirs qui vous fait miroiter un avenir prometteur si vous répondez à sa requête : « Si tu acceptes de monter cette affaire avec moi, tu gagneras énormément d’argent ».
Je rajouterai le Pervers Narcissique Manipulateur capable d’utiliser l’ensemble de cette palette. Il fera l’objet d’un article spécifique.

Parmi les nombreuses techniques utilisées par le manipulateur, Isabelle Nazare-Aga nous explique la méthode très fréquente du « Cadeau piégé ». Par une utilisation abusive du principe de réciprocité (par ailleurs indispensable à une bonne cohésion sociale), le « donneur » maintient le « receveur » dans une position de débiteur. Le marché implicite est le suivant : « puisque je t’ai donné ceci, j’ai le droit d’exiger en retour cela ». Comment dire non à une personne si « gentille »? Le problème est que le donneur choisit quand et comment le receveur doit lui rendre la monnaie de sa pièce.

Pourquoi sommes nous manipulables ?

Pourquoi est-il si difficile pour la personne manipulée de réagir sainement ? « Parce que le manipulateur utilise des croyances familiales et sociales afin d’induire chez sa victime un lourd sentiment de faute morale », explique Isabelle Nazare-Aga.

Exemples de croyances types : les enfants sont débiteurs de leurs parents (parce que ces derniers leur ont donné la vie, parce qu’ils se sont « sacrifiés » pour eux, etc.), c’est dans le malheur que l’on reconnaît ses vrais amis…

La culpabilité qu’instille le manipulateur dans l’esprit de sa victime détériore l’image positive de cette dernière. Abandon, égoïsme, injustice, trahison sont les points sensibles sur lesquels le manipulateur appuie dans l’intention de faire mal. Il procède souvent par insinuation. Il n’exprime jamais une demande claire et vous réduit à l’impuissance. Exemple : une mère malade, toussant très fort au téléphone, s’arrange pour glisser sur un ton plaintif à sa fille qu’elle ne mange plus depuis trois jours parce qu’elle n’a pas le courage de faire ses courses. Mais, surtout, elle ne demande rien…

Quand la victime n’a pas conscience de la manipulation, elle se laisse naturellement manipuler. En cédant, elle espère mettre cette souffrance intérieure que le manipulateur a créée en elle et pense ainsi échapper à des conséquences fâcheuses.

Lorsque la victime a conscience de la manipulation, elle a deux choix possibles :

  • elle peut refuser la manipulation et alors subir les sentiments et les conséquences pénibles que cela implique.
  • ou bien elle peut accepter de se laisser manipuler, ce qui semble plus facile à court terme et à priori moins désagréable.

Quelques exemples :
• Face à votre colère, le manipulateur va se mettre à pleurer pour vous attendrir. Vous culpabilisez d’être à l’origine de sa peine, vous avez pitié de sa soi-disant détresse… Vous pensez avoir été trop dur. Vous ne supportez pas de le voir pleurerVous cédez!
• Il/elle vous fait une scène en public et hurle. Par gêne et par honte, vous cédez pour ne plus l’entendre crier! A court terme, c’est la solution la plus facile et la plus rapide (cas très fréquent avec les enfants dans les magasins).
• Il/elle vous culpabilise : « A cause de toi, je… ». Vous vous sentez coupable et responsable de ce qui lui arrive. Vous préférez vous excuser plutôt que ressentir cette culpabilité. Vous cédez!
• Il/elle boude. Vous souffrez de ce silence, vous cédez!
• Il vous flatte. Vous avez accepté ses compliments et vous souhaitez qu’il continue à vous apprécier. Il vous serait insupportable de le décevoir, vous préférez faire ce qu’il vous demande.

Bien sûr, accepter une manipulation, c’est penser à court terme. Car le manipulateur saura que la manipulation fonctionne sur nous. Alors il recommencera. Encore. Et encore. En sa compagnie, nous ressentirons des sentiments désagréables et pénibles de façon quasi permanente. Nous culpabiliserons, nous serons tristes, nous aurons peur, nous nous découragerons… A long terme, les conséquences de la manipulation sont bien plus néfastes. 

Si nous ne pouvons couper les ponts définitivement avec un manipulateur. La seule solution est d’apprendre à s’en protéger et à s’affirmer face à lui.

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