Contre-manipulation : conseils pour se protéger d’un manipulateur

Lorsque vous dites « oui » aux autres, assurez-vous que vous ne vous dites pas « non » à vous même!
Paolo Coelho

pantin-mainLe moyen le plus efficace de se protéger d’un manipulateur est de ne plus avoir affaire à lui, de l’éliminer de son entourage, de couper définitivement les ponts! Cependant, ce n’est pas toujours possible. Lorsque le manipulateur ou la manipulatrice est votre époux(se), votre patron, votre collègue de travail, votre père, votre mère, votre frère, votre sœur, votre beau-frère, votre belle-mère… Ce n’est pas si simple. Le contact peut nous être imposé de façon plus ou moins régulière. Dans le meilleur des cas, il faudra au minimum cohabiter le temps de prendre ses dispositions (divorcer, trouver un autre emploi… ). Dans ce cas, il faut mettre en place une stratégie, la contre-manipulation, d’une part pour se protéger et d’autre part pour faire cesser ces agissements.

La contre-manipulation ne relève pas de la manipulation. Il s’agit d’un ensemble de techniques permettant de contre-carrer le manipulateur pour ne pas lui donner prise sur nous. C’est facile à comprendre, beaucoup moins à mettre en application. Cela demande de nous débarrasser de nos vieux réflexes et de nos conditionnements, instaurés depuis notre plus tendre enfance, héritage de notre éducation, de notre milieu socio-culturel… Il faut également être capable d’analyser la situation, être conscient de ce qui se joue, de prendre du recul et de lâcher-prise. Rien que ça! C’est d’autant moins évident lorsque les émotions et les sentiments rentrent en ligne de compte!

Pour autant, il est possible d’apprendre à se positionner différemment, à communiquer autrement, non pas pour manipuler à notre tour, mais pour ne pas donner au manipulateur l’opportunité de s’engouffrer dans une de nos failles émotionnelles mais au contraire qu’il se heurte à notre indifférence, que ses tentatives de manipulation « glissent » sur nous.

Si vous n’arrivez pas à contre-manipuler du premier coup, ne vous découragez surtout pas! J’ai même envie de dire : « Tant mieux! ». C’est la preuve que vous ne fonctionnez pas comme le manipulateur, que ce mode de fonctionnement n’est pas inné chez vous! Bonne nouvelle : vous n’êtes pas un(e) manipulateur(trice)!

Ne lâchez rien! Avec de l’entraînement, vous y arriverez de mieux en mieux! Une petite victoire à chaque fois vous permettra doucement de retrouver confiance en vous! Confiance systématiquement et parfois profondément mise à mal par le manipulateur…

L’une des principales armes du manipulateur est l’usage de la « technique du
brouillard ».
Il utilise volontairement un langage flou et artificiel.
Dans une communication ordinaire, le but est bien évidemment d’échanger des idées
claires et précises, de comprendre et de se faire comprendre. Le manipulateur ne
partage pas du tout ce point de vue. Comment procède-t-il et pourquoi?

  • Il ne termine pas ses phrases et utilise volontairement des formulations ou des mots ambiguës qui peuvent avoir plusieurs sens.
    En manquant de clarté, il nous laisse interpréter ses propos. Ainsi, le manipulateur peut changer d’avis à sa guise sans que son jeu ne soit découvert. Il pourra toujours répondre « Je n’ai jamais dit cela! Tu inventes! Tu as mal compris! », « C’est toujours pareil avec toi! Tu ne comprends jamais rien! Tu interprètes mes propos comme ça t’arrange! Tu prends tes désirs pour des réalités! »…
    Il pourra même aller encore plus loin, avec une mauvaise foi inébranlable, en rejetant les accusations sur vous et/ou vous faisant passer pour fou/folle : « Je n’ai jamais dit cela! Tu es FOLLE ma pauvre! ».
    C’est une manière de se déresponsabiliser. Ses dires, ses promesses ne l’engagent à rien. Il peut vous faire miroiter monts et merveilles, passer pour quelqu’un de généreux et bienveillant à votre égard, afin obtenir ce qu’il souhaite (vos faveurs, un service, de l’argent…), sans jamais avoir l’intention de tenir parole.
    Enfin, le flou provoque un genre de mystère autour du manipulateur, qui peut parfois séduire certaines personnes.
  • Il peut aussi employer un vocabulaire très spécifique ou très « cultivé » incompréhensible pour les non-initiés ou pour une personne issue d’un autre milieu socio-culturel. Ceci est fait exprès dans le but précisément d’être incompréhensible. Embarrassés, nous n’oserons pas dévoiler notre (soi-disant) ignorance. De cette façon, le manipulateur nous rabaisse intellectuellement, nous dévalorise à nos propres yeux et au regard des autres. Il impose ainsi son autorité et nous maintien sous sa coupe. Il se donne de l’importance et du pouvoir, nous imposant le rôle de la « potiche » ou de « faire-valoir » à ses côtés.

Communiquer avec un manipulateur, c’est donc une épreuve. Nous devons rester sur nos gardes et être vigilants en permanence.
Refuser la manipulation, c’est aussi accepter de passer pour une « mauvaise fille », un « mari égoïste » ou un « collègue difficile ». Il faut donc renoncer à une image idéale de soi. Vous y parviendrez en prenant conscience de votre valeur. Et cela se travaille. Vous deviendrez peut-être moins « aimable » aux yeux du manipulateur, mais en vous libérant de ce regard extérieur, vous gagnerez un bien précieux : votre liberté!

1> La première étape pour pouvoir contre-carrer un manipulateur c’est de retrouver confiance en soi, de restaurer l’estime de soi que le manipulateur s’est évertué à démolir. Ensuite, il faut être capable d’identifier les tentatives de manipulation.

  • Comprenez quels sont les outils privilégiés du manipulateur qui lui permette d’atteindre rapidement son but.
    Cessez de culpabiliser et arrêtez de croire que vous êtes responsable! Comprenez que les fautes qu’il vous impute sont imaginaires. Vous pousser à la faute est son objectif. Ne craquez pas. Il jubilerait!
  • Bétonnez-vous! Imaginez qu’il ne peut rien contre vous, qu’il n’a aucune prise sur vous. Pour le désacraliser donnez lui un surnom, à la hauteur de ce qu’il est : « Le poison », « La guêpe », « L’araignée », « Le vampire », « Le monstre », « Le microbe », « Le minus »… Soyez créatif ! Plus ce sera drôle, moins vous aurez peur de lui !
    Si son numéro est dans votre agenda téléphonique, désignez-le sous ce surnom. Ainsi, chaque fois que votre téléphone sonnera, cela vous rappellera immédiatement de rester sur vos gardes afin de ne pas tomber dans le piège de sa manipulation.
    Un autre moyen efficace. Prenez sa photo ou écrivez son nom sur une feuille. Collez-là sur un vieux coussin que vous pourrez utiliser comme puching ball ou piétiner à volonté pour vous défouler et expulser cette colère transmise…£
  • Analysez froidement les faits, rien que les faits. Prenez du recul pour réfléchir. Ne laissez pas les émotions affectives prendre le dessus. Relativisez !
  • Faites confiance à votre ressenti. Votre instinct est votre allié. Il n’y a pas de raison que vous ressentiez des sensations désagréables, de culpabilité, de peur, de mal-être, de frustration… en présence d’une personne bienveillante!
  • Identifiez le chantage affectif dès que la personne insiste au nom d’un « lien » alors que vous refusez avec des arguments valables. Surtout si cela va à l’encontre du respect de vos besoins et désirs. Respectez-vous! Et faites-vous respecter.
  • Détectez la manipulation dès que l’interlocuteur se positionne en victime pour faire appel à vos sentiments ou à votre pitié pour vous faire céder.
  • Prenez conscience de la manœuvre affective dès qu’une menace, clairement formulée ou sous-entendue, apparaît dans le discours de l’autre : menace de séparation, de punition, de remplacement, de suicide… Attention, la menace est souvent implicite. C’est une arme de choix face à la personne manipulée et bienveillante qui manque généralement de confiance en elle!
  • Gardez à l’esprit que le mensonge ne pose aucun problème au manipulateur. Il peut prendre des formes détournées, plus sournoises : mauvaise foi, information partielle, changement d’opinion sans scrupule…
  • Essayez de ne pas rester seul avec le manipulateur. Faire en sorte d’être toujours entouré de témoins. D’une part, cela limite l’action du manipulateur qui prend soin de son image de marque en public. D’autre part, dans certains contextes, ces personnes pourront éventuellement témoigner (Prud’hommes, divorce, tribunal…).
  • Si la manipulation intervient dans le cadre professionnel, munissez-vous d’un calepin ou d’un agenda et notez tout ce que le manipulateur vous demande de faire et relisez-le à voix haute devant lui.
    Une solution encore plus fiable afin d’éviter les contestations futures : le mail. Laissez des traces le plus précises possible. Récapitulez point par point ce qui vous a été demandé. Faites-le valider.
    « Suite à votre demande/à notre conversation, je vous informe/je vous confirme que… »
    « Merci de me confirmer votre volonté de… »
    « Faisant suite à votre demande… »
    « Voici la liste de ce que vous m’avez demandé. Pourriez-vous m’indiqué si je n’ai rien omis, svp ».
    Qui ne dit mot consent. Même sans réponse, vous êtes protégé.
    Prenez soin d’imprimer ces mails et de les emporter chez vous.

2 > Une fois que vous êtes capable de reconnaître chaque tentative de manipulation, réagissez SYSTÉMATIQUEMENT. Ne laissez rien passer! Il faut répliquer du tac au tac à chaque remarque, mais sans agressivité. En réagissant ainsi, vous montrez que vous n’êtes pas dupe. Le manipulateur comprendra vite à qui il a affaire et usera de sa manipulation sur quelqu’un d’autre.

3 > Il faut lever les flous, chasser le brouillard.
Chaque fois qu’un manipulateur essaye de rester dans le flou, il faut l’obliger à être clair, à préciser sa pensée :

  • Le manipulateur fait des phrases évasives ou ambiguës : reformulez sa phrase et demandez lui de valider :  » C’est bien ça que tu est en train de me dire? « ,  » Si je comprends bien, tu me dis que… » …
  • Le manipulateur fait des sous-entendus : demandez lui d’être précis : » Tu veux dire quoi exactement? « ,  » Je ne comprends pas, pourrais-tu préciser ta pensée? »…
  • Le manipulateur ne s’engage pas. Faites lui prendre position au fur et à mesure : « Concrètement, qu’est-ce que tu vas faire ? ».
  • Le manipulateur détourne les conversations et finit pas vous égarer : revenez au vrai sujet de la conversation : « Ma question initiale était …, mais je crois que tu n’y as pas encore répondu. J’aimerais que tu y répondes maintenant ».

4 > Vous ne devez plus lui laisser l’opportunité d’avoir de prise sur vous. Il vaut mieux éviter toute discussion avec un manipulateur ou s’en tenir aux banalités d’usage, la pluie, le beau temps… Il faut impérativement éviter de vous confier à lui/elle, même si depuis quelques temps, il/elle vous paraît plus agréable. A travers ce que vous allez lui dire, même concernant les choses les plus anodines, le manipulateur puise une foule d’informations (ce que vous aimez, ce qui vous touche, ce qui vous tient à cœur, comment vous fonctionnez…) qu’il pourra utiliser plus tard contre vous, pour vous déstabiliser, vous rabaisser ou vous culpabiliser.

Ne parlez jamais de vos émotions! Faites des phrases courtes. Utilisez des phrases toutes faites, les proverbes et les principes. Comme lui, restez dans le flou. Utilisez le « on », plus général, qui ne vous implique pas directement. Faites de l’humour ou de l’auto-dérision dès que le contexte s’y prête. Souriez, surtout en fin de phrase. Montrez vous détaché. Evitez l’agressivité. Restez toujours poli et courtois même si vous enragez au fond de vous! S’il le voit, il a gagné! Gardez toujours cela à l’esprit. N’entrez pas dans la discussion si elle ne mène à rien ou à la dévalorisation. Utilisez l’ironie seulement si vous renvoyez un message et si vous êtes sûr de vous. Ne vous justifiez pas ! Vous défendre ou tenter de lui faire entendre raison donne prise au manipulateur. Lorsque le manipulateur détourne le sujet, revenez-y immédiatement. Feignez verbalement l’indifférence, le but étant de vous protéger, en ne réagissant pas à ses provocations :

C’est votre opinion… Vous (on) pouvez (peut) le penser…
Vous (on) pouvez (peut) le croire…
C’est une (votre) interprétation… Vous (on) pouvez (peut) le voir sous cet angle…
Vous le voyez (prenez) comme vous voulez… Vous avez le droit de le penser…
Je peux vous dire oui si c’est ce que vous voulez entendre… Si vous le dites…
Si vous le pensez… C’est une façon de voir…
Oh ! On parle souvent de choses que l’on ne connaît pas…
Vous ne voyez qu’une partie des choses, c’est normal…
Quand on ne sait pas, on peut toujours se l’imaginer…
Vous pouvez vous l’imaginer…
J’ai une opinion différente… C’est possible… C’est possible, pour vous/toi… C’est vrai…
C’est exact… N’est-ce pas !?… Cela peut arriver… Je n’ai pas le don de voyant…
Il faut savoir l’être parfois… Et encore, vous ne savez pas tout…
J’ai dû prendre modèle sur quelqu’un…
Cela m’amuse de faire comme tout le monde justement…
Tout le monde le sait… Cela dépend… Ce n’est pas moi qui en parle apparemment…
C’est trop facile… Cela ne prend pas à tous les coups…
J’aime l’originalité… Et oui ! Je ne fais rien comme tout le monde…
Cela fait mon charme…
Tout le monde ne pense pas comme toi… Je ne suis pas de cet avis…
Chacun ses goûts !

Ces expressions répertoriées sont des réponses de protection contre de situations ou remarques manipulatrices issues du livre d’Isabelle Nazare-Aga, « Les manipulateurs sont parmi nous », Editions de l’Homme, 2005.

5 > Vous devez apprendre à dire non, sans vous justifier.
Pour vous y aider, vous pouvez utiliser la technique du disque rayé. Cette technique est redoutable pour commencer à s’affirmer. Elle peut être utilisée pour une demande comme pour un refus. Ce n’est pas parce que vous refusez UNE fois que l’autre ne va pas vous relancer. Cela consiste donc à répéter la même phrase, calmement et patiemment, à chaque fois que le manipulateur insiste, jusqu’à ce qu’il abandonne. Cette phrase, c’est par exemple :  » Je comprends bien, mais c’est non « , tout simplement.

Les règles d’or pour que cette technique fonctionne :

• Rester calme. Les phrases doivent être reformulées de façon toujours plus gentilles, mais fermes. Il ne faut pas s’énerver et ne jamais employer ni agressivité, ni ironie.

• Il faut adapter la répétition. Reformuler sa demande ou son refus pour que le manipulateur n’ai pas l’impression que vous vous moquez de lui.

• Garder le cap. Ne pas dériver, se justifier ou en dire trop. Ne craquez pas! En vous justifiant vous pourriez donner des arguments à votre interlocuteur pour vous déstabiliser.

6 > Vous devez contrôler vos émotions
Le manipulateur cherche à vous déstabiliser en vous faisant ressentir des émotions désagréables : culpabilité, honte, peur…
Face au manipulateur le contrôle de soi est nécessaire. C’est sans doute ce qu’il y a de plus difficile. Il ne doit pas sentir que ses propos ont un impact sur vous. Essayez de voir clair dans son jeu et ne vous laissez pas abuser. Même si vous êtes déstabilisé, le manipulateur ne doit pas s’en rendre compte. Prenez du recul et jouez l’indifférence. Analysez ces sentiments déplaisants que vous ressentez sous l’effet de la manipulation. Tenez bon et prenez votre décision sans tenir compte de ces émotions.

7 >Dénoncez son comportement en public
Vous remarquerez que le manipulateur agit rarement en public. Ou alors de manière tellement fine et insidieuse que personne ne verra la perfidie dissimulée derrière ses propos. En société, le manipulateur passe généralement pour quelqu’un de charmant, y compris avec vous. Il en va de son image qu’il tient absolument à préserver intacte. C’est l’époux(se) idéal(e), le parent attentif et attentionné… Généralement la manipulation se manifeste plutôt en privé, rarement devant témoins. Ce qui rend la manipulation d’autant plus difficile à prouver.

Si le manipulateur agit en public, une astuce pour qu’il vous laisse en paix, c’est de mettre sa manipulation en évidence devant tout le monde : « Tu cherches à me faire culpabiliser ? Tu sais comment cela s’appelle ? De la manipulation ! », « Tu essaies de me faire peur ? Tu tentes de me manipuler ? ». Le manipulateur sera fâché, mais il prendra peur, aussi. Et pour éviter que ses techniques de manipulation soient publiquement mises à jour, il abandonnera la manipulation sur vous.

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Exemple au sein du couple : Lors d’une soirée entre amis, vous êtes victime d’une attaque verbale de la part de votre conjoint. Il attend que votre assiette soit bien remplie pour lancer : « Je ne comprends pas pourquoi depuis 3 mois qu’elle est au régime, elle n’a pas perdu un gramme!? ». L’agression est dissimulée sous cette remarque formulée à demi-mots, de façon insidieuse et indirecte, puisqu’il ne s’adresse pas directement à vous. Cette formulation passera totalement inaperçue aux yeux de vos hôtes. En général, les témoins ne sont  pas à même de mesurer les enjeux, ni de décrypter qu’une phrase en apparence anodine camoufle en réalité une flèche assassine. Vous, vous savez qu’il essaie de vous déstabiliser, de vous mettre mal à l’aise et de vous culpabiliser sur votre surpoids. 

Résultat : votre réaction est immédiate. C’est la n-ième fois qu’il s’en prend à vous de cette manière. Poussée à bout, vous sortez de vos gongs, ce qui conduit à la dispute fatale. Blessée et pour préserver votre amour-propre, vous risquez de crier. C’est ce qu’il souhaite. Maintenant, il peut ouvertement vous taxer d’hystérique, de folle furieuse et montrer votre violence du doigt (alors qu’il a porté le premier coup!). Choquée, ridiculisée et humiliée, vous n’avez pas pu empêcher la colère de monter. Il a gagné ! Vous passez pour ce que vous n’êtes pas. Il pourra même se faire passer pour la victime qui subit votre mauvais caractère et votre tempérament impulsif à longueur de temps !

Réactions en contre-manipulation :
Il ne doit pas sentir que vous êtes blessée.

> L’humour décalé, 2d degré et légèreté, sourire, rire, tourner les choses à votre avantage : « Mes rondeurs font tout mon charme! Certains hommes apprécient! »
> Très calmement, souriante, mais un peu ironique, l’obliger à se dévoiler, l’inciter à se « mouiller » dans ses propos : « C’est quoi ton but? Tu cherches à me faire culpabiliser? A me mettre mal à l’aise face à nos amis? ».

Exemple avec votre mère ou votre belle-mère :
Vous n’avez pas eu d’autre choix que de confier vos enfants quelques heures à votre mère (ou à votre belle-mère, adaptez suivant votre cas). A peine arrivée pour les récupérer, vos enfants, fous de joie, commencent à se faire remarquer et à s’agiter. Classique! Il ne faut pas attendre longtemps pour entendre : « Avec moi, ils sont très sages! Dès que tu arrives, c’est systématiquement la foire! », sous-entendu que vous n’avez aucune autorité sur eux, que vous leur laissez tout faire… Vous serrez votre poing dans la poche. Vous n’allez pas vous disputer dès arrivée. Mais la suite arrive rapidement : « Tu dis toujours qu’ils n’aiment pas les légumes. Avec moi, ils ont mangé une pleine assiette de haricots verts! », sous-entendu que vous ne savez pas vous y prendre avec eux. La tension monte encore d’un cran, mais vous arrivez encore à vous maîtriser. Plus pour longtemps… Alors que le matin même, vous avez déposé vos enfants à l’école propres comme des sous neufs, vous découvrez une ouverture béante à l’extrémité des chaussures de votre ainé. « Tout de même, tu n’as pas honte de les mettre à l’école avec des baskets dans cet état? Mamie vous amènera en acheter des neufs la prochaine fois! », sous-entendu que vous êtes une mère laxiste, qui n’est décidément à la hauteur à aucun niveau et surtout, surtout, elle met sa propre « générosité » en valeur. Et là, naturellement vous finissez par exploser! C’était son but, il est atteint!
« Tu es mauvaise! Regarde comme tu me traîtres! Avec tout ce que je fais pour toi! Je ne mérite pas cela! Ce n’est pas étonnant que les enfants aient du mal à se contrôler avec leurs camarades avec l’exemple que tu leur donnes! »…
Et j’ai omis les « si j’étais toi, je ferai comme ça », « à ta place, je n’aurai pas fait comme ça, j’aurai fait autrement »…

Quel est le but de votre mère ou de votre belle-mère? Traquer toutes vos incompétences, réelles ou supposées, afin de vous dévaloriser dans votre rôle de mère. La mère c’est elle! Et il est hors de question qu’elle soit détrônée!!! Puisqu’elle vous démontre, jour après jour, que vous êtes une incapable et que, petit à petit, vous allez perdre toute confiance en vos capacités, vous resterez bien sagement une petite fille soumise (ou elle pourra garder la main-mise sur son fils, dans le cas de la belle-mère). Ainsi, elle conserve toute son autorité et son emprise sur vous!!!
Le fait de vous rabaisser est aussi un moyen de se mettre, elle, en valeur par effet de comparaison! Elle vous signifie que quoi que vous fassiez, vous ne lui arriverez jamais à la cheville.
Enfin, en vous poussant dans vos derniers retranchements, alors que vous vous débattez pour vous justifier et vous défendre de ses attaques en haussant maladroitement le ton, elle s’octroie de plein droit le rôle de pauvre victime et vous propulse du même coup dans le rôle de bourreau!

Réactions en contre-manipulation :
Très calmement, souriante
> la version ironique : « Heureusement qu’ils ont une grand-mère aussi parfaite pour palier les innombrables incompétences de leur mère! Qu’est-ce qu’on ferait sans toi!!! ».
> l’obliger à se dévoiler : « Tu essaies de me dire que je ne suis pas capable de faire ce qu’il faut pour mes enfants? Quelles sont tes intentions, me culpabiliser ou me dévaloriser devant mes enfants?

 J’espère que ces conseils vous seront utiles.

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